Le mot du capitaine


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Voyager !

Nous défendons avec fierté notre statut de Nomade.

Nous autres, voyageurs de l’eau, vivons l’itinérance au quotidien.

Il y a ceux qui aiment voyager, et, il y a les voyageurs ; deux mondes et deux réalités.

Nous défendrons toujours nos droits et ne justifierons jamais nos choix. Ils nous appartiennent.

Une pensée pour tous ceux, qui, grâce à leur soif d’or et de pouvoir, d’arrivisme et d’égoïsme ont contribué et contribuent chaque jour à détruire notre monde.

Terroristes de l’écologie, de l’économie, de la diplomatie et de la politique, je ne vous respecte pas.

Nous, les nomades, ne sommes pas des Hommes libres. Nous sommes soumis à toutes sortes de contraintes. Mais ces contraintes, nous sommes libres de les choisir. Ainsi s’exprime notre définition de la liberté.

Et si ma liberté s’arrête où commence celles des autres, réciproquement, prenez bien garde de là où s’arrête la vôtre.

La relation entre un bateau et son capitaine, c’est une grande histoire d’amour.

C’est la rencontre de deux voyageurs qui se promettent respect et attention réciproque tout au long de leurs périples.

C’est un rêve d’aller ensemble, ici, puis là-bas, puis, autre part …

A chacun, sa notion du temps. S’il vous plait d’aller vite, très bien, et que la vie vous décoiffe, par contre, ne me l’imposez pas.

Vivre au rythme de l’eau, c’est apprendre à respecter le cours de la rivière. C’est laisser la nature nous imposer ses lois.

En bateau, ce n’est pas tant le point de destination final qui importe. Il faut souvent des jours, voire des semaines pour se rendre à un endroit donné.

Le voyage devient donc l’affaire de chaque instant. De petits pas le long du grand parcours. Mais qu’il fait bon de marcher plutôt que de courir sans cesse.

Faire escale dans une ville ou un village, c’est un peu comme accoster sur une île perdue au sein de l’océan. Nous en profitons pour effectuer nos ravitaillements et toutes les choses auxquelles nous n’avons pas accès le reste du temps.

C’est souvent l’occasion d’aller au café, au marché, et de rencontrer l’Autre …

Et c’est justement là, à cet instant précis, que la rencontre avec l’autre prend tout son sens, toute sa dimension.

La volonté de l’échange et l’envie du partage.

Quelle richesse alors, de pouvoir faire découvrir ou redécouvrir aux « terriens » la nature fragile et la beauté du monde fluvial. De faire se côtoyer des univers si proches et pourtant si différents.

Quel plaisir de proposer cette itinérance culturelle.

Le voyage commence lorsque le moteur démarre et qu’on lâche les amarres.

Le voyage commence aussi lorsqu’on franchit la passerelle pour quitter terre.

Le capitaine est seul maître à bord, il exige le respect de chacun et le respect pour chacun.

Ces bases établies, c’est dans les rencontres que s’exercera la magie.

Un dernier mot envers les heureux possesseurs de bateaux …

« Attendre que le bateau soit prêt pour partir, ce n’est pas repousser le départ, c’est le rendre impossible »

Lâchez vos cordes, n’encombrez pas les quais, faites vivre vos bateaux en les faisant voyager, œuvrez profondément pour le milieu dans lequel vous avez fait le choix de vivre. entretenez la voie d’eau en faisant fonctionner les écluses, soutenez les éclusiers, souvenez vous de tous ces bateaux, et de leur utilité. Un bateau n’est pas une maison en fer, usez vos hélices et brassez de l’eau plutôt que de l’air. Bougez !